|

Louis-Auguste
Bisson (1814-1876) et Auguste-Rosalie Bisson (1826-1900) dit Bisson frères
Laîné des frères Bisson a suivi une formation
darchitecte. Avec son père peintre héraldique, il
fonde un atelier de portraits au daguerréotype au début
des années 1840. Ils photographient également des spécimens
dhistoire naturelle. En 1848-1849, ils réalisent les portraits
des 900 membres de lAssemblée nationale. Auguste-Rosalie
devient photographe à son tour vers 1848 et les deux frères
commencent à collaborer en 1852. Ils délaissent le daguerréotype
pour le négatif verre au collodion. Ils cosignent les reproductions
des gravures de Rembrandt (1853) mais Bisson aîné revendique
seul la vue de la flèche de la Sainte-Chapelle. En 1854, ils sinstallent
rue Garancière, ouvrent une imprimerie photographique et se lancent
dans une monumentale publication, Reproductions photographiques des
plus beaux types darchitecture et de sculpture daprès
les monuments les plus remarquables de lAntiquité, du Moyen
Age, et de la Renaissance. Les épreuves éditées
sous forme de livraisons jusquen 1858 ont été déposées
à la Bibliothèque nationale de France qui en conserve la
collection complète. Membres fondateurs de la Société
française de photographie en 1854, ils réalisent en 1855
des vues de glaciers à la demande du scientifique Dollfus-Ausset.
A la fin de cette même année, ils ouvrent un studio luxueux
au 35, bd des Capucines, quils doivent abandonner en 1857. En 1858,
pendant que Bisson aîné se rend dans le midi de la France
à la demande du duc de Luynes, Bisson jeune photographie le massif
du Mont-Blanc. Expérience quil renouvelle lannée
suivante, à loccasion dune ascension dirigée
par Michel Auguste Balmat et interrompue à cause du mauvais temps.
Bisson jeune complète ses vues de montagne, en 1860, lors du passage
du couple impérial dans la vallée de Chamonix. Il rassemble
ses vues dans un album, Haute-Savoie. Le Mont-Blanc et ses glaciers.
Souvenirs du voyage de LL. MM. LEmpereur et lImpératrice
(1860). Une autre tentative en 1861 est couronnée de succès.
Une nouvelle ascension réussie en 1862, lui permet de réaliser
encore six autres images. De grandes vues dItalie complètent
la production des deux frères. Reconnus pour la qualité
et le format de leurs vues darchitecture et de montagne, régulièrement
exposées et louées par la critique, ils ne peuvent enrayer
le dépôt de bilan, la faillite et la mise aux enchères
de leur établissement, racheté par Emile Placet en 1864.
Quetier exploite à son tour le fonds des deux frères à
partir de 1874 au moins. Bisson aîné pratique la photographie
jusque vers 1869 et Bisson jeune, qui réalise encore des vues du
Mont-Blanc lors dune ascension en 1868, jusque vers 1870.
La Médiathèque de larchitecture et du patrimoine conserve
de nombreuses vues darchitecture des frères Bisson, édités
par leur atelier ou Quetier.
|