Adolphe Braun (1811-1877)
fondateur de la Maison Ad. Braun & Cie (1876-1968)


Né à Besançon, en 1811, Adolphe Braun se rend à Paris en 1828 pour se perfectionner dans l'art du dessin et crée, en 1834, sa première société : un atelier de dessin d'industrie. En 1843, il quitte Paris et ouvre en 1847 un nouvel atelier à Dornach, près de Mulhouse. Cet atelier prospère emploie une quarantaine de personnes en 1855. Braun maintiendra son activité jusque vers 1870. Ses liens privilégiés avec Daniel Dollfus-Ausset, commanditaire de photographies de montagne dès l’invention du daguerréotype, ne sont sans doute pas étrangers à sa nouvelle passion, la photographie. En 1854, Braun présente à l’Académie des Sciences une collection de " Fleurs photographiées " destinées aux dessinateurs industriels. Le succès qu’elles obtiennent à l’Exposition Universelle de 1855 l’encourage à poursuivre dans cette voie. Braun propose alors " L’Alsace photographiée " (1858-1859), qui lui vaut la croix de chevalier de la Légion d’Honneur et le titre de " Photographe de S.M. l’Empereur ". Suivent d’autres séries comme les animaux de ferme (vers 1860), les vues panoramiques de la Suisse, de la Savoie, de Paris, de l’Italie (1866-1870), les panoplies de gibier (1867), les " Costumes de Suisse " (1869), les vues d'Egypte réalisées à l’occasion de l’inauguration du canal de Suez (1869), le " Théâtre de la guerre ", à Paris, Strasbourg et Belfort (1870-1871), le tout complété par une abondante production de vues stéréoscopiques. Braun travaille avec d’autres opérateurs comme son frère Charles, son fils Gaston ou encore Jean-Claude Marmant cité par Nadar pour son exceptionnel tour de main dans la préparation des plaques au collodion.
Depuis 1866 Braun a entrepris de reproduire par la photographie les dessins des plus importantes collections publiques et privées d’Europe (musée du Louvre, musée de Bâle, l’Albertina de Vienne, galeries du grand-duc et de la grande-duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach à Weimar, musée des Offices à Florence, etc.). A partir des années 1870, les reproductions d’œuvres d’art deviennent le fer de lance de la maison Braun. Le catalogue, qui comprend aussi des reproductions de statues, de bas-reliefs, de fresques et de peintures, est considérable. Pour le tirage des épreuves, Braun utilise le procédé inaltérable au charbon de J.W. Swan. Il sélectionne les pigments dont les teintes se rapprochent le plus de l’œuvre originale : sépia, sanguine, fusain, mine de plomb et produit des fac-similés fidèles à l’œuvre originale. La gamme comptera jusqu’à 24 teintes au début du XXe siècle. De même, le choix du collodion est adapté en fonction des peintures à reproduire pour améliorer le rendu. Le tirage au charbon, procédé de qualité coûteux, reste prépondérant même si la maison adopte en 1872 la photoglyptie pour produire des tirages en série à bon marché, puis en 1876 la phototypie, un procédé d’impression aux encres grasses.
Les finances ne suivant plus, il faut trouver de nouveaux partenaires. La société Adolphe Braun & Cie est créée le 26 avril 1876, un an avant le décès d’Adolphe Braun. Son fils Gaston lui succède. Avec l’aide de Louis Pierson son beau-père et de Léon Clément son beau-frère, ils relèvent une entreprise au bord de la faillite. En 1889, la société change de raison sociale et devient Braun, Clément & Cie. L’entreprise est entièrement reconstruite et équipée d’électricité entre 1897 et 1899. En 1910, l’entreprise se nomme désormais Braun & Cie ; elle compte une succursale à New-York et en ouvre une autre l’année suivante à Londres.
Forte de son expérience dans la reproduction des œuvres d’art, la maison a signé en 1883 un contrat d’exclusivité de 30 ans avec le musée du Louvre. L’objectif est de reproduire 7000 œuvres et de fournir des tirages aux conservateurs. Les clichés inscrits à l’inventaire du musée deviennent propriété de l'Etat. En échange, la maison Braun reçoit le titre de photographe officiel du musée du Louvre et peut ouvrir un comptoir de vente de tirages.
Environ 2000 plaques de verre de grand format, résultat de ce travail, sont conservées aux Archives photographiques (Médiathèque de l’architecture et du patrimoine).