|

Paul Castelnau (1880-1944)
Issu dune famille aisée du Tarn, Pierre-Joseph-Paul Castelnau
suit des études de géographie à la Sorbonne. Il publie
" Le Niolo, étude de géographie physique " dans
la revue La Géographie (1908) et consacre sa thèse
- interrompue par la guerre à létude des côtes
de la Corse. Il est dabord mobilisé au service géographique
de lArmée, puis à la section photographique. Il apprend
à pratiquer la photographie et la cinématographie et parcourt
une grande partie du front occidental (la Champagne, lAlsace, le
Nord et la Belgique) et de janvier à octobre 1918, lArabie,
la Palestine, lEgypte et Chypre. Avec Fernand Cuville, ils couvrent
les destructions, les mouvements des troupes, la vie à larrière,
en utilisant aussi le procédé autochrome. Après la
guerre, Castelnau photographie encore, de février à mai
1919, les reconstructions dans les départements de lAisne
et de la Marne. En 1920, il publie sa thèse, Les Côtes
de Corse, étude morphologique quil a soutenue à
lUniversité de Fribourg où Jean Brunhes a enseigné.
En 1910, le banquier Albert Kahn a proposé à cet inventeur
de la géographie humaine de constituer les " Archives de la
planète " en envoyant des photographes (8) et des cinéastes
(3) parcourir de nombreux pays (37).
Castelnau rejoint avec Cuville l'équipe de la fondation Kahn.
Documentariste, il filme lEgypte pour le Musée du Louvre,
des établissements scolaires français pour le ministère
des Affaires étrangères, le Maroc pour lExposition
coloniale de Marseille. Géographe de la première mission
Citroën à travers lAfrique : Touggourt - Tombouctou
- Touggourt, du 17 décembre 1922 au 7 janvier 1923, il en rapporte
deux films : La traversée du Sahara en autochenilles
(1923) et Le continent mystérieux (1924). Castelnau participe
encore à la Croisière noire organisée par Citroën
doctobre 1924 à lété 1925.
Castelnau serait aussi lauteur du film documentaire La vie des
termites. En 1925, il tourne Voyage à la Terre de Feu,
ce territoire extrême de lAmérique du Sud, au climat
froid et brumeux, dénommé ainsi parce que les habitants
y allumaient des feux pour guider les navires. Vers 1930, il se retire
chez son frère Henri à Montredon et exerce le métier
dexpert géomètre jusqu'en 1944. Le 29 juin, des maquisards
viennent au village pour exécuter un collaborateur. Ne le trouvant
pas, ils cherchent Castelnau et labattent, bien que les preuves
de sa collaboration naient pas été clairement établies.
Ses autochromes sont conservés aux Archives photographiques (Médiathèque
de larchitecture et du patrimoine) et à la Fondation Albert
Kahn.

|