|

Charles Marville (1816-vers 1879)
Peu
cité par ses contemporains, Marville est resté en dehors
des cercles photographiques. Il apparaît dabord comme peintre-graveur.
Quelques-uns de ses dessins sont gravés pour La Seine et ses
bords de Charles Nodier (1836) ; Paul et Virginie de Bernardin de
Saint-Pierre (1838) compte plusieurs vignettes de cet artiste. Les premières
photographies que nous lui connaissons sont des portraits de ses proches
et des vues darchitecture publiées par Blanquart-Evard en
1851. Marville est certainement celui qui a le plus collaboré à
lentreprise lilloise, illustrant entièrement lalbum
sur les Bords du Rhin (1853), ou la plus grande partie des séries
Architecture et Sculpture de LArt religieux (1853-1854).
Avant la fermeture de lImprimerie en 1855, il se signale comme "
Photographe du musée impérial du Louvre " et réalise
des reproductions de dessins, notamment dIngres.
Marville travaille également pour de nombreux architectes chargés
des chantiers de restauration comme Abadie, Millet ou Viollet-le-Duc.
En témoignent ses vues de la Sainte-Chapelle et de la cathédrale
Notre-Dame à Paris ou encore celles de la cathédrale de
Moulins. Puis commencent les grandes commandes liées aux aménagements
et aux transformations de la capitale, comme celle du bois de Boulogne
en 1858. En 1862, Marville apparaît avec un autre titre important
: " Photographe de la Ville de Paris ". Il photographie le nouveau
mobilier urbain, et pour le service des Travaux historiques créé
en 1865, il réalise un immense recueil, lAlbum du Vieux-Paris,
réunissant des photographies des vieilles rues avant leur destruction.
A la fin des années 1870, sans cesser de travailler pour plusieurs
architectes sur des chantiers de construction ou de restauration, il photographie
encore le grand percement de lavenue de lOpéra. Puis
la trace de Marville se perd, on ne connaît pas exactement la date
de sa mort. On sait simplement que Armand Guérinet rachète
son atelier à la fin du XIXe siècle.
Les négatifs de Marville correspondant à lAlbum du
Vieux-Paris sont conservés dans leur ensemble à la Bibliothèque
historique de la Ville de Paris ; quelques-uns aux Archives photographiques
(Médiathèque de larchitecture et du patrimoine) qui
comptent également des plaques de verre au collodion entrées
sous le nom de Durand et représentant en particulier la restauration
de la cathédrale de Moulins. La Médiathèque conserve
également un grand nombre de vues darchitecture de ce photographe
prises en particulier à Amiens, Bourges, Chartres, Laon, Moulins,
Paris, Rouen, Saint-Germain-en-Laye, Strasbourg, au cours des années
1850-1870.
|