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Félix Tournachon dit Nadar (1820-1910)
Fils dun imprimeur lyonnais,
Félix Tournachon mène à Paris la vie de bohème
des jeunes romantiques. Il publie des critiques dramatiques, des contes
et signe rapidement de son pseudonyme Nadar. A partir de 1846, il propose
des caricatures aux journaux satiriques dans lesquels il écrit.
Il lance alors sa " Galerie des gens de lettres " qui deviendra
le fameux " Panthéon Nadar " publié en 1854. Lannée
précédente, en 1853, Félix a offert à son
frère Adrien des leçons de photographie auprès du
maître Gustave Le Gray. Félix sadonne lui aussi à
cette pratique et réalise ses premiers portraits au printemps 1854
avant de venir apporter son soutien à Adrien qui a du mal à
lancer son entreprise. Les deux frères produisent alors une série
de " Figures dexpression de Charles Deburau en Pierrot "
qui remporte un vif succès à lExposition universelle
de 1855. Sensuit une dispute entre les deux frères. Adrien,
qui signe Nadar jeune, veut poursuivre seul mais Félix lui intente
un procès en mars 1856 quil gagne en décembre
1857 - pour récupérer lusage exclusif de son pseudonyme.
Félix, qui a trouvé dans la photographie un nouveau champ
dexpérimentation, poursuit dans cette voie. Il souhaite traduire
la " ressemblance intime " des figures de la bohème et
du romantisme. Défilent ainsi dans son atelier : Baudelaire, Nerval,
Dumas, Gautier, Rossini, Berlioz. En 1859, lengouement pour le "
portrait carte de visite ", selon la formule déposée
par Disdéri, signe la fin de cette uvre artisanale. Nadar
sengage alors dans une production plus commerciale, sinstalle
somptueusement boulevard des Capucines, dans latelier laissé
libre par Gustave Le Gray et édite ses " Figures contemporaines
" en petit format.
Nadar, qui réalise encore quelques beaux portraits comme ceux de
Sarah Bernhardt et de George Sand, se tourne vers dautres défis
techniques, comme laérostation. Il réalise en 1858,
depuis un ballon, une première vue aérienne au-dessus du
Petit-Clamart, photographie à la lumière électrique
les catacombes (1862) puis les égouts de Paris (1864-1865). En
1886, il réalise enfin, en collaboration avec son fils Paul, linterview
dEugène Chevreul, à loccasion du centenaire
du célèbre chimiste. Les photographies prises à loccasion
de cet entretien sont publiées dans le Journal illustré.
Les Archives photographiques (Médiathèque de larchitecture
et du patrimoine) conservent le fonds dAtelier de Félix Nadar
(dont quelques plaques au collodion des années 1850), enrichi des
productions de son fils Paul.

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