Techniques photographiques


La MAP conserve une importante collection de négatifs originaux (plus de quinze millions) de types très divers tant par leurs formats et supports que par leurs techniques. Outre les négatifs, il faut distinguer les positifs transparents qui peuvent être des copies d'une même image destinées à la projection ou servir d'intermédiaire pour un autre usage. Il peut donc exister plusieurs générations d'une seule image sous diverses formes et qualité (contretype, reproduction d'épreuve, interpositif).


Le stockage se fait dans des locaux spécialement aménagés afin d'offrir les meilleures conditions de conservation. Un soin particulier est porté à la qualité des matériaux d'archivage (pochettes neutres, conteneurs en aluminium anodisé ou en polypropylène) ainsi qu'au contrôle de l'humidité relative et de la température. Chaque support est stocké dans l'environnement le plus approprié.


Parallèlement à la politique de contretypage sur film argentique des fonds les plus prestigieux ou fragiles (support nitrate de cellulose), une campagne de numérisation des collections est en cours depuis 1997.


Négatifs sur support papier


Calotype : négatif papier ou Talbotype (du nom de son inventeur un Anglais, William Fox Talbot en 1839, brevet en 1841) est très utilisé en France, notamment à l'occasion de la Mission héliographique de 1851. Cette invention inaugure le système « négatif/positif » offrant la possibilité de tirages multiples. Le calotype est utilisé de 1840 à 1860. Le papier est immergé dans une solution de nitrate d'argent puis dans un bain d'iodure de potassium. On le sensibilise dans une solution de gallo-nitrate d'argent et on le révèle à chaud dans du gallo-nitrate d'argent, fixé à l'hypo-sulfite de soude. On en tire, en général, des épreuves sur papier salé.


Papier ciré : c'est une amélioration du calotype, le support papier étant rendu plus transparent par imprégnation d'huile ou de cire.

Négatifs sur support verre

Plaque de verre à l'albumine : mis au point en 1847 par Nièpce de Saint-Victor, le négatif sur plaque de verre albuminée produit des images d'une grande finesse, mais reste d'une sensibilité très faible. Le verre est enduit d'une préparation à base d'albumine et d'iodure de potassium, sensibilisé dans une solution de nitrate d'argent et d'acide acétique, développé à l'acide gallique, puis fixé au thiosulfate de sodium (préparation délicate et plaque peu sensible).


Plaque de verre au collodion : ce procédé, inventé par Frederick Scott Archer en 1851, est utilisé jusqu'en 1885, où il est remplacé par l'émulsion à la gélatine. Le collodion est un liquide sirupeux et opalescent qui provient de la dissolution du « coton poudre » dans une solution d'alcool et d'éther (« coton poudre » découvert en 1846 : il s'agit d'un puissant explosif obtenu par l'action de l'acide azotique sur le coton).


Procédé au collodion humide : l'émulsion est coulée sur la plaque de verre sans reprise possible, puis sensibilisée dans un bain d'argent. Il faut utiliser la plaque encore humide, la développer immédiatement après la prise de vue dans de l'acide gallique ou du sulfate de fer ammoniacal et la fixer au cyanure de potassium, puis à l'hyposulfite. Ces plaques peuvent être vernies (gomme). Cette matière est instable (proche du nitrate de cellulose ou du celluloïd).

Procédé au collodion sec (vers 1860) : par cette amélioration permettant une utilisation plus facile du collodion humide en y ajoutant des substances hygroscopiques telles que le tanin ou le miel, la netteté est meilleure, les plaques se conservent plus longtemps mais sont moins sensibles. Le procédé au collodion, malgré ses difficultés d'utilisation est employé durant près de quarante ans.


Plaque de verre à la gélatine (Maddox, 1871) : le gélatino-bromure d'argent remplace progressivement l'émulsion au collodion sur support verre à partir de 1880, puis à partir de 1888 sur support souple. Les émulsions sont sensibilisées en usine et vendues prêtes à l'emploi. Elles demeurent encore employées de nos jours. L'émulsion est à base de gélatine (servant de liant) et de sels d'argent.


Négatifs sur support souple

L'emploi de l'émulsion à la gélatine (gélatino-bromure d'argent) s'étant généralisé, on cherche à peu à peu à obtenir un support réunissant les qualités physiques et chimiques susceptibles d'assurer le maximum de confort à l'utilisation ainsi que la meilleure conservation.
  • Support papier (Eastman, 1884-1888) : American stripping film (1886), bobine de film.
  • Support celluloïd (Goodwin-Eastman, 1886) : substance à base de cellulose et de camphre.
  • Support nitrate de cellulose (Carbutt, 1889) : matière semblable au coton-poudre, instable et dangereuse, interdite en 1951 ; est très employée dans le cinéma et la photographie.
  • Support diacétate de cellulose (1923).
  • Support acétate de cellulose (Eastman, 1934) : étant plus stable et non inflammable spontanément en présence de forte chaleur, remplace le nitrate.
  • Support triacétate ou Safety film (1948).
  • Support polyester - Safety film (vers 1955-1960).


Procédés couleurs


Autochrome : breveté en 1903 par les frères Lumière, commercialisé à partir de 1907, il est le premier procédé de photographie couleur industrialisé. C'est une image positive couleur sur plaque de verre. L'émulsion est panchromatique au gélatino-bromure d'argent. La couleur est recréée par l'intermédiaire d'un réseau de fécules de pomme de terre (6000 à 7000 au mm2) teintées en rouge-orangé, violet et vert, obturées sélectivement par des grains d'argent. L'autochrome donne une image basée sur le système de la synthèse additive des couleurs. En 1931, le support verre, trop fragile et trop lourd, est remplacé par un support souple. Peu sensible, l'autochrome est supplanté vers 1935 par les nouveaux procédés de type soustractif commercialisés par Kodak (Kodachrome).


Procédé inversible couleur (diapositive) : film couleur procurant une image positive directe par inversion. L'image est destinée à être projetée ou tirée sur papier. Film basé sur le principe de la synthèse soustractive des couleurs, qui sont créées par la superposition de trois couches de gélatine, colorées en jaune - magenta - cyan, formées lors du développement chromogène.

Procédé négatif couleur : film couleur procurant une image négative destinée à être tirée sur papier.


Vues stéréoscopiques


Système de prise de vue permettant de restituer une image en trois dimensions par l'utilisation d'un couple de diapositives (deux images prises simultanément avec un léger décalage latéral). Pour regarder ces images, il faut une visionneuse à double optique.

Il est possible de restituer le relief par la technique des anaglyphes (superposition des vues droites et gauches en rouge et cyan). Les deux images monochromes sont affichées l'une en rouge, l'autre en cyan. Les lunettes sont équipées d'un filtre rouge et un filtre cyan, ce qui permet à chaque oeil de ne voir que l'image qui lui est destinée.